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3 - Corps et dynamiques conflictuelles en Europe

    Responsable : Nicoletta Diasio, professeure de sociologie

    La thématique « Corps et dynamiques conflictuelles » a l’ambition d’analyser la manière dont, en Europe, les tensions et les controverses autour du corps et de la santé donnent  à lire des processus de différenciations et de rapprochements entre les Européens.  

    En Europe, le corps constitue un lieu de dissensions entre des normativités, des pratiques, des savoirs issus de la vie quotidienne et les normes établies par des acteurs institutionnels et/ou supra-nationaux, susceptibles de déboucher sur des recommandations ou des décisions. Le rapport au corps donne lieu à des controverses qui divisent actuellement les sociétés européennes sur le gouvernement du début et de la fin de la vie, sur les sexualités, sur la reproduction, sur les âges de la vie, sur l’idée même de vivant. Les choix relatifs au corps, à la santé, à sa préservation, à son recouvrement, à l’accompagnement des populations vulnérables dessinent des lignes de faille qui clivent, mais également des zones de contact où s’exerce un travail de recomposition. Ils constituent des analyseurs qui permettent de dégager, de manière comparative, des dynamiques conflictuelles et des consensus renouvelés sur des sujets spécifiant les normes existentielles européennes dans le monde contemporain.

    L’Europe se construit également à travers les conflits, passés et actuels, depuis les tensions intersubjectives jusqu’aux phénomènes extrêmes. La conflictualité présente de nos jours des formes multiples, résultant du double mouvement de reconfiguration des antagonismes classiques et de diffraction/intériorisation des conflits. Les antagonismes individuels et collectifs ont plutôt tendance à se fragmenter, se diversifier, se disséminer ; de nouvelles situations intermédiaires entre la guerre et la paix apparaissent ; des ferments de dissension se multiplient à l’échelle européenne ; d’autres se déplacent, par exemple dans le domaine des affrontements de mémoires. Ces conflits sont des manifestations de crise, mais également des pourvoyeurs, fondateurs, préservateurs d’identités, ouvrant ou assignant à l’altérité les acteurs qui y sont engagés.

    À partir de ces interrogations, nous explorons autant les dimensions conflictuelles du rapport au corps, à la santé et à soi dans les dynamiques européennes, que la place du corps dans les conflits. Cette corporéité agit dans les imaginaires et les discours savants, comme la métaphore « immunitaire » dans la lecture biopolitique  des conflits au sein du corps social, mais également dans l’engagement concret des corps dans des actes de violence collective, dans les conduites à risque, dans les demandes de reconnaissance qui passent par la chair, ses manifestations, ses troubles, pour accéder à l’espace public. Trois champs de réflexion charpentent la thématique :

    Des seuils controversés

    L’interrogation sur les définitions européennes des étapes majeures de l’existence pose le problème des repères au sujet de ces seuils. Les passages (début et fin de vie, âges, statuts) constituent des moments de vulnérabilité propices à l’émergence de sentiments d’incertitude et de réponses empreintes de créativité sociale. Ces seuils constituent enfin un moment de mise à l’épreuve, de reformulation et de rappel de l’ordre du genre et des orientations sexuelles. Des programmes de recherche et des post-doctorats permettent de développer ces questions (Chaire Gutenberg, PASMAC, Chaires IUF et USIAS).

    Des conflits incorporés

    Nous interrogeons la manière dont des conflits passés sont incorporés, chevillés à une mémoire sensible, laissant des traces qu'il s'agit de saisir et de comprendre. Des travaux explorent la place du corps dans les politiques de contrôle et de sécurité, comment il est mobilisé dans la définition de la personne et des populations, ainsi que son usage dans les stratégies de reconnaissance et de revendication. Un séminaire mensuel approfondit les nouvelles figures de la dissidence et de la résistance telles qu’elles se manifestent à l’échelle des pratiques alimentaires et des controverses qui les accompagnent

    Régulation des conflits et sortie de la violence

    Un séminaire analyse les conflits dans leurs dimensions agonistiques et polémogènes, ainsi qu’en tenant compte de leurs aspects dynamiques et de leurs potentialités socialisatrices. Pour enrayer les processus de passage aux extrêmes et de basculement dans la violence, le rôle des tiers et les dispositifs de médiation sont évalués dans leurs capacités à générer une sortie de la violence. La réflexion est centrée en 2018 sur la construction/déconstruction de l’ennemi, les logiques de radicalisation/déradicalisation et la  microsociologie des confrontations (Randall Collins).

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